Le cor des alpes pouvaient selon les endroits et les conditions météo s’entendre à 15 kilomètres.
Aujourd’hui, à cause du bruit, 5 à 10 km. par de bonnes conditions.
Le son du cor était audible par les habitants. Il était encré dans leur vie quotidienne.
Les habitants de la vallée entendaient le son du cor venant des alpages avoisinants. Combien d’habitants ? Les villes étaient des hameaux.
Grindelwald qui compte aujourd’hui 4000 habitants en avait peut être 40.
Les clôtures électrifiées n’existaient pas. En été les coopératives paysannes rassemblaient d’immense troupeaux estimés à 800 têtes lors de la transhumance sur les alpages.
La steppe alpine au pied de l’Eiger, de la Petite à la Grande Scheidegg s’étalait sur 30 kilomètres, une distance de 15 km à vol d’oiseau. Le berger pouvait hurler après son bétail pour le réunir.
Dans une nature parfaitement vierge, et dans un silence de cathédrale,
les bergers pouvaient communiquer d’un flan de montagne à l’autre.
Comment est né, le cor des alpes ?
A force de crier, le berger s’est réveillé un beau matin, avec une extinction de voix.
Et devinez quoi ? … ….
Ce jour là, le fameux bonbon « RICOLA » n’avait pas encore été inventé par les suisses !
Qu’allait-il se passer, seul sur l’alpage, ne pouvant plus rappeler ses bêtes.
Le berger n’eu plus qu’une seule solution :
se tailler une trompe puissante qui résonne à des kilomètres.
Il alla couper un sapin qui pousse en terrain pentu au tronc recourbé pour l’évider.
Le cor des Alpes était né. Yooo-baaa, …
Deuxième ère : de 1750 a 1850.
Le clivage ville-campagne existait aussi à cette époque. Pour rapprocher les deux entités on inaugure la première fête des bergers à Unspunnen, près d’Interlaken. On fait frapper une médaille commémorative à la gloire du cor des alpes, et l’on invite le gratin européen.
Timides les bergers, très peu iront se présenter à la fête.
Seul deux se présentent pour jouer du cor. A la fête suivant qu’un seul.
Pénible succès !
Les autorités prennent peur « on n’entend bientôt plus le son du cor dans nos vallées ».
En 1826 et en 1827, l’Etat de Berne sponsorise des cours de cor des Alpes à Grindelwald et mandate un jeune professeur de musique bernois qui avait fait du cor des Alpes, son « violon d’Ingres » !
L’artiste peintre G. Vollmar fit un tableau représentant le cours de 1827. On est dans cette deuxième ère du cor des alpes à l’apogée musicale du cor des alpes, tournant de « l’outil » pour appeler le troupeau au status d’un « instrument de musique » en dépit de son aspect limité par le peu de notes qu’il peut produire.
En 1835, Franz Xaver Schnyder von Wartensee compose une chanson pour cœur d’hommes et cor des alpes « ad libitum ». Bientôt l’outil du berger sera « adopté » dans les orchestres philarmoniques et sera joué dans les « salons feutrés ».
Pour le cor des alpes, s'en est fini du planché des vaches, du frais gazon de gentianes et d’edelweiss. Bientôt c'est le tapis rouge et les gobelins.
Les grands noms de la musique vont désormais le couvrir de gloire. |
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